Nouveaux besoins, nouvelles coopératives
Les coopératives ont le gène de l’innovation sociale.
Les coopératives ne sont pas les dernières à se développer sur de nouveaux métiers, en faisant preuve d’inventivité et d’innovation sociale.
Les Scop, qui partagent leurs racines avec les mutuelles et les associations, placent l’homme au centre de leur projet économique. Et c’est cette sensibilité qui amène certaines d’entre elles à inventer des réponses aux nouveaux besoins de la société et des populations.
N’oublions pas que bien des produits innovants ont été inventés en leur temps par l’économie sociale, par exemple la mutuelle d’assurance, la mutuelle de santé, le traitement des déchets, les services à la personne …
De nouveaux besoins continuent d’apparaître à cause d’évolutions comme la mondialisation, le vieillissement de la population, la désertification rurale, le transfert de fonds publics ou encore les problèmes environnementaux.
A chaque fois, localement, des acteurs économiques inventent des réponses parce qu’ils ont les pieds ancrés dans leur territoire, parce qu’ils sont à l’écoute de leurs concitoyens, parce que, co-responsables de leur entreprise, ils sont entreprenants et créatifs.
Le choix du statut coopératif (Scop ou Scic) pour mener ces activités innovantes n’est pas le fruit du hasard.
Par exemple, les coopératives ont investi la filière des services à la personne parce que ce sont des sociétés de personnes qui favorisent l’implication des salariés, et leur formation. Il est ici question d’innovation sociale au sens où cela touche les modèles managériaux d’organisation.
Le cadre coopératif, outre le fait qu’il fournit un cadre entrepreneurial, favorise la création de nouvelles formes d’organisation et de nouvelles pratiques entre les protagonistes. L’essence de la « coopération » réside dans le « travailler ensemble », et dans la construction d’un projet collectif à partir d’intérêts plus ou moins différents voire divergents.
Le statut Scic facilite l’implication d’une pluralité d’intervenants (les acteurs économiques, les clients, les décideurs, les financeurs…) et rend possible un partenariat étroit entre les acteurs privés et les acteurs publics comme les collectivités territoriales.
Une Scic sur trois compte des collectivités à son capital.
La Scic Ere 43 illustre le fait que le projet coopératif est par nature un projet collectif, ancré localement, et qui invente des réponses économiques à une problématique territoriale. En l’occurrence, les problèmes environnementaux et la hausse du prix du pétrole vont faire de l’économie de demain une économie de circuits courts capable de mobiliser des ressources locales au profit de besoins locaux. Ere 43 situe son projet dans cette optique, en favorisant la consommation d’énergies renouvelables locales (avec notamment la valorisation du bois issu des forêts velaves).
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