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« Scop, un projet à partager »

l’avis de François Brochart, conseiller bancaire retraité

Quel est le profil idéal des créateurs de Scop ?

« Si vous êtes plusieurs à partager un projet professionnel, avec un but commun et le même sens des responsabilités, alors le statut Scop est adapté. La Scop est un atout lorsque les associés salariés mettent leur énergie au service d’un but clairement identifié comme un objectif commun, par exemple, un niveau d’innovation ou de développement de l’entreprise clairement défini. Dans ce cas le succès de l’entreprise est plus probable que sous un autre statut juridique. D’ailleurs, le consensus autour d’un projet commun peut permettre à des créateurs exerçant des métiers différents mais complémentaires d’adopter le statut coopératif ».

De quels atouts disposent les Scop ?

« Leur premier atout est la motivation partagée dont je viens de parler. D’autant plus que les relations au travail (y compris les relations hiérarchiques au travail) sont, dans les Scop, potentiellement plus enrichissantes et épanouissantes qu’ailleurs. Un second atout non négligeable réside dans l’effet « Réseau ». Dans un parcours de création d’entreprise, il est important que les créateurs bénéficient d’un environnement qui les écoute, et les aide à prendre du recul. C’est vrai avant et pendant la création, mais c’est surtout primordial après, au-delà d’un délai de 6 mois ou un an, par exemple lorsque le chiffre d’affaires prévu n’est pas au rendez-vous (ce qui arrive dans les trois-quarts des cas »).

Quelle est en revanche la fragilité essentielle du fonctionnement coopératif ?

« Préserver l’adhésion des salariés coopérateurs au projet nécessite un mode de fonctionnement très exigeant en matière de communication. L’effort d’information doit être permanent. Dans une Scop, le dirigeant (car il faut évidemment un leader) doit avoir un sens aigu de la communication. Cette qualité fait partie intégrante de son métier. Il a un devoir permanent d’explication de ses décisions auprès des autres associés salariés qui l’ont mandaté à la fonction de dirigeant.

Dans le cadre du départ en retraite d’un dirigeant de PME, que pensez-vous de la transmission aux salariés sous statut Scop ?

« C’est parfois la meilleure solution en particulier quand il n’existe pas de successeur désigné. La Scop devient alors un instrument d’aménagement du territoire et de lutte contre la désertification des zones rurales. Lorsqu’une PME risque de fermer, les salariés peuvent préserver leur emploi sur place en reprenant l’entreprise, quitte à recruter un dirigeant à l’extérieur si aucun d’entre eux ne se sent les capacités à assumer ce mandat ».

Personnes concernées par l’article : Collectivités territoriales , Créateurs, repreneurs et cédants , Professionnels de l’entreprise