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« Scop : un projet collectif »

l’avis de Frédérique Goigoux, expert-comptable et commissaire aux comptes dans le cabinet MGA Associés à Moulins (03).

Que pensez-vous de la transmission d’entreprise aux salariés sous statut coopératif dans le cadre du départ en retraite d’un dirigeant de PME ?

« C’est une solution peu connue, mais intéressante pour une petite entreprise artisanale. Un artisan rencontre souvent de gros problèmes pour transmettre son entreprise, parce qu’il y a peu de repreneurs potentiels, les entreprises de petite taille n’attirant pas les investisseurs. Il risque ainsi de se voir contraindre de licencier ses salariés, ce qui n’est pas sans conséquence humaine et financière. La reprise en Scop par les salariés peut donc se présenter comme une belle opportunité ».

Quel est alors le principal avantage pour l’entreprise ?

« Les salariés sont les personnes qui connaissent le mieux le fonctionnement de leur entreprise. Compte tenu des règles de souscription au capital, même des salariés ayant peu de capacité d’investissement financier peuvent être intégrés au sociétariat. D’autre part, le système de prise de décision « Un associé = Une voix » est très démocratique, et le fait d’accéder au statut d’associé va amener les salariés à être partie prenante du projet d’entreprise. Leur motivation et leur implication s’en trouvent évidemment renforcées ».

Y a-t-il au contraire une difficulté ?

« Il faut du temps pour que les salariés intègrent leur nouveau statut d’associé. Cela représente une modification fondamentale de culture et de fonctionnement. D’autre part, ils doivent apprendre à jongler alternativement avec leurs deux casquettes de salarié et d’associé de la Scop. Il existe une autre incertitude concernant le futur dirigeant d’entreprise : soit l’entreprise compte un salarié ayant l’étoffe d’un leader, soit il faut marier la reprise de l’entreprise par les salariés avec le recrutement d’un manager extérieur ».

Quel est selon vous le profil type du créateur de Scop ?

«  C’est un manager qui a l’esprit de partage, qui crée une entreprise dans le cadre d’un projet collectif et non comme un simple projet individuel, et qui attend un retour économique sans esprit purement mercantile. La Scop doit être une entreprise citoyenne, à l’interne (c’est-à-dire au regard de ses propres salariés), mais pourquoi pas également envers son environnement ».

Qu’est-ce qui caractérise selon vous le fonctionnement coopératif ?

« La Scop a deux caractéristiques. Une caractéristique juridique, à savoir le fait que les salariés sont les propriétaires de leur outil de travail. Cela induit un état d’esprit spécifique aux coopératives. Les salariés y sont particulièrement motivés et investis dans le projet d’entreprise. Les Scop présentent également deux spécificités fiscales, l’exonération de taxe professionnelle, et la possibilité de mettre en œuvre des procédés permettant, sous certaines conditions, de défiscaliser le résultat de l’entreprise. Mais les arguments fiscaux ne doivent en aucun cas justifier le recours au statut Scop, l’utilisation des processus de défiscalisation présentant leurs propres contraintes, par exemple en matière de gestion à long terme de la trésorerie ».

Personnes concernées par l’article : Collectivités territoriales , Créateurs, repreneurs et cédants , Professionnels de l’entreprise