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Une conception originale

La Scic est un outil pour le développement des territoires, dont la caractéristique principale réside dans le multisociétariat.

Le statut Scic a fêté en février 2010 ses huit ans d’existence effective.
A la date du 31 décembre 2009, plus de 160 Scic étaient en activité à travers la France et avaient reçu leur agrément préfectoral. 160 pionnières qui ont trouvé dans ce statut l’habillage le plus adéquat pour mener leur projet.

Quelle est la caractéristique clé qui a séduit avant tout ces porteurs de projet ?
C’est le multisociétariat.

La Scic associe et rassemble autour d’un projet commun des partenaires ayant des intérêts de nature différente, et c’est la négociation entre ces intérêts particuliers qui permet la construction de l’intérêt collectif.

Un intérêt collectif à négocier

Ainsi, dans un magasin bio sous forme de Scic, le fait que les clients prennent des parts de capital, aux côtés de salariés et de bénévoles, garantit l’instauration d’un débat (par exemple sur le juste prix de vente des produits), d’où doit ressortir la préservation de l’intérêt collectif.
Autre exemple, une Scic proposant en zone rurale des services aux particuliers de jardinage, repassage et petits entretiens. Parce qu’ils sont présents au capital et impliqués dans les décisions clés, les clients de l’entreprise, mais aussi les bénévoles, les salariés et la collectivité locale débattent, et enrichissent mutuellement leurs points de vue. C’est ainsi que le multisociétariat évite l’appropriation des retombées des actions de la Scic par une seule catégorie d’associés.

Une culture commune à inventer

Cet habillage sur-mesure nécessite néanmoins une grande souplesse de tous les acteurs qui doivent se glisser dans cette nouvelle « peau » et en quelque sorte « muer » pour construire avec les autres associés le projet collectif, en trouvant les convergences et en surmontant les divergences liées aux intérêts particuliers.
Ainsi, le bénévole doit-il acquérir un minimum de culture économique pour intégrer les contraintes de gestion liées à la nature fondamentalement économique de la Scic ; ainsi, les associés issus du milieu de l’entreprise non coopérative doivent s’ouvrir à une logique d’intérêt collectif et à des principes coopératifs et démocratiques ; le salarié, lui, doit faire l’apprentissage du coentrepreneuriat … Ainsi se construit pas à pas la Scic.

Des collèges pour garantir la démocratie

Pour faciliter l’articulation entre les divers intérêts, la Loi sur les Scic a prévu la possibilité de mettre en place des collèges qui garantissent la démocratie, au-delà du principe - simplificateur dans certains contextes - de la formule « un associé égale une voix ». Chaque projet peut ainsi définir le poids respectif de chaque catégorie d’acteurs au bénéfice de l’intérêt collectif et de la pérennité de la Scic.
Au rang des caractéristiques fondatrices de la Scic, n’oublions pas de mentionner son caractère non lucratif ou quasi non lucratif qui invite ses associés à rechercher l’enrichissement global de leur territoire et non leur profit individuel. En cela, elle est un outil privilégié de développement des territoires.

Personnes concernées par l’article : Associations et économie sociale , Collectivités territoriales , Professionnels de l’entreprise